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Amina Rachid, une artiste singulière

Tous les Marocains ont déploré la disparition de la grande dame de la dramaturgie marocaine. Retour sur le riche parcours artistique d’Amina Rachid.

Amina Rachid, de son vrai nom Jamila Ben Omar, est née le 11 avril 1936 à Marrakech. Son enfance a été bercée dans l’environnement artistique de la ville impériale, Jamila a développé un certain amour pour les arts, en particulier le théâtre. Elle a découvert ses talents d’actrice alors qu’elle était encore à l’école primaire. Au lycée, dans les années 1950, elle avait déjà acquis une expérience d’actrice amateur dans des pièces de théâtre scolaires.

Au début des années 1960, la radio nationale marocaine a annoncé son besoin de nouvelles recrues. Rachid a accepté l’offre et a fait ses débuts dans le domaine du théâtre radiophonique, aux côtés de sa collègue toute sa vie, Habiba El Madkouri, décédée en 2011. Au cours de ses années à la radio marocaine, Amina Rachid a rencontré et travaillé avec des artistes marocains de renom, dont Hamidou. Benmessaoud, connu sous le nom d’Amidou, Hammadi Tounsi, Abderrazak Hakam, El Hachmi ben Amar, Zaki el Houari, El Arbi Doghmi, Aziz Mawhoub, Brahim Ahmed Soussi et Mohammed Thami Gherbi.

Rachid a commencé sa carrière d’actrice officielle en 1962. Durant sa carrière, elle a joué dans plus de 3.500 pièces de théâtre, soirées et séries radiophoniques.

Rachid, avec Madkouri, est connue pour être la première femme à commencer une carrière d’actrice au Maroc, car seuls les hommes étaient autorisés à participer au théâtre auparavant, jouant à la fois des rôles masculins et féminins.

Un couple d’artistes

En 1971, Rachid suivit une formation d’acteur à l’étranger avant de revenir au Maroc pour travailler à la Société nationale de radiodiffusion et de télévision (SNRT), où elle rencontra son futur mari et partenaire de vie, Abdellah Chakroun.

Chakroun était également employé de la SNRT lorsqu’il s’est fiancé à Rachid, son cadet de dix ans. Il est ensuite devenu directeur de la SNRT, puis directeur général de l’Union arabe de la radio et de la télévision, puis conseiller au ministère de la Culture.

Rachid et son mari Abdellah Chakroun formient l’un des couples les plus célèbres de l’industrie de l’art marocain. Au cours de leur mariage, qui a duré plus de 50 ans, Rachid a toujours demandé conseil à son mari en ce qui concerne les offres d’emploi et autres décisions. Elle a également accompagné son mari dans tous ses voyages, qu’ils soient professionnels ou pour des raisons médicales.

Le couple d’artistes a eu deux enfants au cours de leur long mariage. Après la mort de Chakroun en 2017, la santé d’Amina Rachid s’est détériorée jusqu’à disparaître finalement le lundi 26 août.

Rachid a joué dans plusieurs films emblématiques qui sont devenus des classiques du cinéma marocain, comme « Lalla Hobby » (My Love, 1996), « Fiha lmelh w skarr w mabghatch tmout » (Elle a le diabète et une tension artérielle et elle ne veut pas mourir, 1999), et « Qoloub Mouhtariqa » (Burning Hearts, 2007) pour en nommer quelques-uns. Parmi les feuilletons les plus célèbres de Rachid figurent «Lwassiya» (The Will, 1999), «Laouni» (2005) et «Hnia, Mbark w Massoud» (2006).

Au cours de sa carrière impressionnante, Amina Rachid a remporté de nombreux prix et distinctions dans des festivals de films, notamment le Festival national du cinéma (2001), le Festival international du film de Marrakech (2003), le Festival du film national de Tanger (2011) et le Festival du rire d’Agadir (2015). Sa dernière distinction a eu lieu le 23 juillet 2019, au festival «Ciné Plage» à Harhoura (près de Rabat).

En 2006, le roi Mohammed VI a décerné à Amina Rachid une médaille de l’ordre du chevalier, l’une des plus prestigieuses médailles d’honneur que les Marocains puissent recevoir. La décoration a servi de récompense à Rachid pour son rôle de premier plan dans les arts marocains.

Amina Rachid était et restera un symbole de l’art marocain, qui a laissé sa marque à la radio, au théâtre, à la télévision, au cinéma et, plus important encore, dans la mémoire partagée des spectateurs marocains.

Article traduit de Moroccoworldnews.com

 
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