Enseignement supérieur

France : une rentrée marquée par le coût élevé de la vie universitaire

Face à la grogne des étudiants au sujet de la hausse des frais universitaire, le gouvernement français a annoncé, mardi, une revalorisation des bourses étudiantes. Les étudiants étrangers, dont des Marocains, devront faire face à une situation encore plus difficile.

«Les bourses sur critères sociaux accordées aux étudiants seront revalorisées de 46 millions d’euros supplémentaires pour la rentrée 2019 », a annoncé sur RTL la la ministre de l’Enseignement supérieur Frédérique Vidal, précisant que le volume global consacré à l’aide aux étudiants représente 5,7 milliards sur le budget de son département. Frédérique Vidal a également dit vouloir « faire de la vie étudiante l’une des priorités du ministère ».

La Fédération des associations générales étudiantes (FAGE) et l’Union nationale des étudiants de France (UNEF), les deux principales organisations syndicales étudiantes en France, ont publié, respectivement dimanche et vendredi derniers, leurs baromètres annuels dans lesquels elles ont affirmé que le coût de la rentrée universitaire va de nouveau augmenter cette année en France.

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Selon la FAGE, « un étudiant non boursier de 20 ans en licence à l’université, ne vivant plus au domicile familial, devra débourser en moyenne 2.285 euros pour la rentrée : frais d’inscription, fournitures, loyer… Ce montant est en progression de 1,96 % par rapport à l’année dernière, en raison notamment de la hausse des frais de vie courante de 2,73 % ».

L’UNEF fait un constat similaire et évalue le coût de la vie étudiante estimé en croissance de 2,83 %. Une évolution « bien supérieure à celle de l’inflation qui est de 1,20 % sur un an », affirme le syndicat qui s’inquiète de la « forte progression » de la précarité étudiante.

Cette augmentation du coût de la vie universitaire concerne également les étudiants étrangers hors UE mais en plus profond. Pour la prochaine rentrée, les nouveaux étudiants étrangers non européens, parmi eux des Marocains, devront faire face à une augmentation des coûts de rentrée encore plus conséquente, puisque leurs frais d’inscription universitaires passent de 170 à 2.770 euros en licence et de 243 à 3.770 euros en master, expliquent les deux syndicats.

Dans ce contexte, l’UNEF s’est alarmée que « des dizaines de milliers » de personnes sont concernées par cette mesure même si plusieurs établissements ont annoncé leur intention de ne pas l’appliquer. De son côté, la FAGE a dénoncé une situation « injuste », affirmant que « ce n’est pas aux étudiants de contribuer au sous-financement de l’enseignement supérieur par l’Etat. »

Les deux organisations syndicales ont demandé en conséquence une importante refonte des aides sociales pour faire face à la précarisation des étudiants. La FAGE a ainsi réclamé une « réforme d’ampleur du système d’aides sociales et la création d’une aide globale d’indépendance », calculée selon « la situation de l’étudiant et des revenus déclarés du foyer fiscal auquel il est rattaché ». De son côté, l’UNEF a demandé « un plan d’urgence de refonte des aides sociales » avec l’augmentation du nombre d’étudiants bénéficiaires de bourses et la « revalorisation de 20 % » de celles-ci.

 
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