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Le Derby casablancais «s’exporte» sans quitter le Maroc

Cette fois, le Derby entre Raja et Wydad passe à la dimension supérieure. Déjà en championnat, et depuis des lustres, les rencontres entre les deux mastodontes du foot national marquent la saison et affolent les statistiques. Et comme les deux équipes font aussi chaque année une carrière africaine, leur duel se prolonge dans les compétitions organisées par la CAF (Confédération Africaine de Football), duel à distance, bien sûr ; parce que les deux équipes n’ont jamais eu à en découdre, face à face, en ligue des champions ou en coupe de la CAF.

Mais ce que l’on n’a pas pu voir au niveau de la CAF, le monde arabe va le faire et avec les moyens que permettent les pétrodollars du Moyen-Orient.

Cette coupe arabe des clubs, arrivant comme un cheveu dans la soupe en n’arrêtant pas de changer de partenaire commercial (l’indispensable sponsor), dérangeait les programmations nationales. Cette coupe non reconnue par la FIFA venait s’intercaler entre championnat, coupe du Trône (en ce qui concerne le Maroc) et matchs internationaux. Feue la chaîne A.R.T Riyadiya y avait laissé des plumes. Les magnats saoudiens mis (provisoirement) « out », les voisins et rivaux des Emirats-Arabes-Unis prirent les choses en main et mirent le paquet pour attirer les convoitises et les participations avec des millions de dollars comme s’il en pleuvait.

Les chaînes sportives émiraties aidant, aujourd’hui, la coupe arabe est une occasion de rogner un peu sur l’empire audio-visuel que s’est octroyé le Qatar avec BE-In et Al Jazeera – tout en redonnant de la visibilité à une compétition qui risquait de ne plus être suivie.

Et cette année 2019, c’est le jackpot. La coupe arabe des clubs porte le nom de Sa Majesté Mohammed VI, Roi du Maroc. Et comme il se doit, la FRMF lui a trouvé une place dans une programmation déjà très encombrée. Comme le hasard veut que le bonheur n’arrive jamais seul, voilà comment de qualification en qualification, Wydad et Raja vont se retrouver en ce mois de novembre pour s’affronter au nom de la coupe Mohammed VI. 

Et en aller-retour s’il vous plait, les deux matchs se jouant comme il se doit, au stade du complexe sportif Mohammed V de Casa, lequel complexe a dû reporter, à plus tard, ses projets de fermeture pour rénovation. C’est vrai que « Casa Event » et autres agences chargées de l’animation casablancaise se prennent parfois les pieds dans le gazon et tribunes du stade avec des travaux dont personne ne peut prédire la fin.

Mais, cette semaine, tout le monde ne parle plus que du choc entre Rajaouis et Widadis qui, du coup, est passé au stade supérieur. Question d’ambiance et de choix de retransmission.

Les billets se sont envolés, les esprits se sont enflammés, le public sera immense, si immense que les autorités de la capitale économique auraient préféré organiser ce match un après-midi, vers 16 heures par exemple. Mais ça n’arrange pas Abou Dhabi qui veut que ce « must » du foot marocain, maghrébin et africain soit regardé dans tous les foyers arabes à une heure de grande écoute. Alors ce sera ce samedi à 20 heures au stade bien sûr, pour ceux qui ont eu la chance de se trouver un billet, et à la télé pour les millions d’autres amoureux du foot qui verront en exclusivité sur Abou Dhabi sports, ce duel historique.

Même  la SNRT ne le diffusera pas, question de gros sous, bien sûr…

A moins que la SNRT ne se débrouille pour rogner un peu des droits des patrons émiratis. Mais tous nous verrons le match d’une façon ou d’une autre. On sait que les images des chaines-télé sont relayées par des satellites qui tournent dans l’espace.

Et comme personne n’a encore trouvé le moyen de fermer le cosmos comme on a fermé les frontières terrestres, alors le ciel continue d’appartenir à tout le monde.

Comment ? Vous voulez un pronostic pour ce match ? Impossible, personne n’y est favori vu le contexte spécial, mais on dira à l’un comme à l’autre : «Aide-toi et le ciel t’aidera ».

Bon spectacle à tous.

 
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